L'heure des mamans
Je ne suis jamais, à quelques
rares exceptions près, à la sortie de l'école à
« l'heure des mamans ». Longtemps, je m'en suis
voulue, culpabilité quand tu nous tiens, une fois de plus !
Mais bon, à cette heure là,
il me reste encore un moment à travailler, alors c'est une
amie qui récupère Fabien, elle l'amène avec son
fils au conservatoire, ou jouer chez elle selon les jours. Il y a
aussi un jour de la semaine où c'est son grand frère
qui va chercher Fabien.
Tout ça pour dire que ce soir,
j'étais contente de lui faire la surprise d'être là,
et que j'étais contente aussi qu'il trouve la surprise
agréable. Son petit air tout étonné en me
découvrant en bas de l'escalier, dans la cour. On est
remontés à la maison, on n'a rien fait de spécial,
mais j'ai eu l'impression que la soirée durait longtemps,
longtemps comparée à celles de d'habitude !
J'en profite pour rendre hommage à
celle qui l'élève presque autant que nous. Il s'agit de
Claire, la femme de son parrain. Elle est aussi la marraine de
Maxime. Nous étions enceintes en même temps, chacune de
notre petit troisième, on devait accoucher à quinze
jours d'intervalle, comme je suis toujours pressée, Fabien est
arrivé quelques semaines de plus avant Rémi.
J'adore une photo où Claire
tient Fabien dans ses bras, ou plutôt presque allongé
sur son gros ventre, et donc sur son futur copain et alter-ego.
D'aussi loin qu'ils ont des souvenirs, ils sont peuplés l'un
de l'autre, on en a des tonnes de photos, les deux poussettes côte
à côte, idem pour leurs sièges transats, des
courses de biberon, leur premier mc do, leur premier tricycle, les
anniversaires, etc...
Claire est plus disponible que moi, car
travaillant seulement le matin. Fabien déjeune chez elle deux
fois par semaine, le lundi elle le dépose au conservatoire
pour son cours de clarinette, le mardi les deux compères sont
au cours d'orchestre ensemble, etc !
A Toussaint, Fabien est parti en
vacances avec eux chez les fameux ch'tis, ceux dont tout le monde
parle grâce à Dany Boom, et il s'est senti comme un
poisson dans l'eau, intégré dans cette deuxième
famille qui est la sienne.
Rémi vient parfois aussi dormir,
manger ou jouer, mais moins souvent car nous sommes si peu à
la maison comparé à sa maman et puis il est plus
timide, ou en tout cas plus attaché à son propre foyer
!
Une « copine »
m'avait dit un jour fort gentiment que mes enfants ne devaient pas
être si heureux ici puisqu'ils étaient si contents de
partir en colonie ou d'être chez les copains ou copines... Bien
sûr, cette réflexion m'avait blessée. Mais ce que
je crois à présent, c'est que j'ai été si
étouffée enfant, que j'ai tenté de toutes mes
forces de les rendre les plus autonomes et indépendants que
possible. Et s'ils partent, c'est toujours aussi pour mieux revenir
et savourer le retour au bercail...