Fête des mères
En ce moment, ma boîte mail déborde de messages publicitaires du genre « n'oubliez pas le grand jour », « le plus beau pour votre maman », etc, etc... j'en passe et des meilleures !
Or, ça me met les nerfs en pelote, j'ai envie de leur répondre de me ficher la paix avec ma mère, parce que justement je ne suis pas en paix avec elle, pour tout dire, j'ai mal à ma mère...
C'est ma grand-mère qui m'a élevée depuis ma plus petite enfance, parce que ma mère était absente, et puis ensuite elle était toujours plus ou moins malade, en « dépression » me disait-on pudiquement, alors qu'il s'agissait plutôt d'une forme de maladie mentale.
Dire laquelle me serait difficile, je
ne l'ai pas connue autrement que malade, j'étais sa seule
raison de vivre, son unique objet d'attention, à un point
obsessionnel là aussi qui a souvent confiné au
harcèlement. Dès que je l'ai pu, j'ai pris mes cliques
et mes claques et suis allée vivre seule, elle aurait aimé
poursuivre à distance sa surveillance et le faisait au travers
d'appels téléphoniques multiples. Elle continuait à
vivre avec ma grand-mère qui faisait le lien entre nous.
Au
décès de cette dernière, elle a vécu une
sorte de révolte adolescente, dont je passerai sous silence
les excès et les débordements. J'ai tenté de
m'occuper d'elle, mais on ne peut être le parent de ses
parents, et c'était surtout par devoir, au nom de la
sacro-sainte culpabilité judéo-chrétienne qui me
faisait me dire qu'on n'abandonne par ses parents, qu'on leur doit
tout, etc... qui me faisait tenir au nom du souvenir de ma grand-mère
toujours si présent et de la peine que j'éprouvais
encore.
Et puis, après être tombée très bas, au risque de me perdre et de gâcher aussi l'avenir de ma propre famille construite malgré tout, je suis remontée tout doucement... mais la peine est là, tapie, la honte aussi, la culpabilité avec. J'ai passé le relais à un tiers pour qui l'implication n'est pas la même et dont c'est le métier.
Raconté ainsi, je n'ai pas de raison objective de lui en vouloir ou de ne pas l'aimer, pourtant c'est ainsi. Je n'ai pas fait le deuil de la mère idéale que j'aurais aimé avoir, je tente juste d'être une mère pas trop mal pour mes enfants et d'accepter avec le sourire toutes les attentions qu'ils me donneront le jour de la Fête des Mères.
Bonne fête à toutes les mamans...
Par des mots pour l'écrire, Dimanche 25 Mai 2008 à 10:01 GMT+2 dans Des mots intimes (article, RSS)
et pour cette raison ne serai jamais une pro de l'écriture je crois bien ! 





