Portrait de mon aîné...
Pour meubler un peu et en attendant d'avoir davantage de temps pour écrire quelque chose de neuf, j'ai retrouvé des portraits que j'avais écrits de mes trois enfants, en 2002.
Bien du temps a passé depuis, mais les choses ont évolué dans le même sens, je trouve.
Objet: Maxime
Date : vendredi 12 avril 2002 22:23
Allez je m'y mets : portrait de mon grand 
D'abord une grossesse sans trop d'histoires
peuplée de rêves et d'interrogations comme j'imagine qu'il en est de même pour toutes les femmes attendant leur premier enfant. Comme je l'ai dit par ailleurs, je ne voulais pas croire tout à fait qu'il s'agirait d'un garçon. Dans ma famille de fille unique de mère en fille, il était attendu comme le messie. Je me souviens des paroles de la gynéco :"ne leur dites rien alors (en parlant de ma mère et de ma grand-mère) je peux me tromper" C'est ça qui m'avait marquée plus
que l'affirmation qu'il s'agirait d'un garçon.
Et puis un soir de septembre, alors que mon amour était en train de se battre avec le magnétoscope, il voulait enregistrer "l'étoffe des héros", autant vous dire que cette cassette vidéo là, meme si je ne tiens pas spécialement à ce film, je la garde précieusement !) tout à coup je sens un liquide chaud couler le long de mes jambes. J'avais suivi scrupuleusement les cours d'accouchement sans douleur. mais je n'avais pas eu le temps de faire le bilan pour la péridurale, de toute façon je ne comptais la faire qu'au cas où.... au cas où la douleur serait vraiment insupportable... au cas où ça durerait trop longtemps.... mais j'étais confiante, a priori je ne voulais pas de péridurale.
Trop tôt de toute façon, le rendez vous pour le bilan était pour la semaine suivante. Après un été de fournaise, où le seul moment rafraichissant était celui de notre baignade vespérale, le bébé s'annonçait en avance. Il était prévu pour mi-octobre, je me disais "avec un peu de chance, il arrivera plus tôt aux environs de mon anniversaire...." eh non! on n'était qu'en septembre et il était décidé à arriver ! Sa future marraine était partie en vacances, personne ne s'attendait à sa venue !
Donc on en était à l'épisode de la perte des eaux, on n'a pas paniqué, on s'est regardés et mon amour m'a dit calmement :"la sage femme a dit que dans ce cas là il faut aller à la clinique, alors on y va !"
On a pris la voiture et on roulait en regardant les lumières, je ne sais plus qui a écrit "la méditerranée a mis son collier de perles" en décrivant les lumières de la promenade du bord de mer, c'était exactement ça, la nuit était belle et on se disait :"ça serait bien qu'il naisse maintenant".
Bon, on a fini par arriver à la maternité, là, la sage-femme, pas vraiment aimable, m'examine et me donne une chambre. De temps à autre, elle venait me voir. Sa sentence est tombée : "ce n'est pas pour cette nuit, vous feriez mieux de rentrer chez vous" dit elle à mon mari.
Et moi, je déambule dans la chambre, ne sachant comment me tenir, la douleur se fait de plus en plus forte.... j'envoie mon chéri qui n'a pas voulu partir lui demander un calmant, quelque chose, je n'imagine pas rester dans cet état jusqu'au matin.
Elle revient et révise son jugement. Au bout d'un moment, elle m'emmène vers la salle de travail.
Un moment après encore, Maxime était là.... c'est indicible ce moment là, on s'y prépare pendant des mois, et les mots sont inutiles... On ne peut pas décrire ce qu'on ressent au moment où on vous met ce petit bout de vous qui n'est plus tout à fait à vous sur le ventre, le moment où il vous reconnait et où vous le reconnaissez. Où plus rien n'est pareil, où le monde ne sera plus jamais le même, parce que maintenant ce monde compte une âme de plus.
Une âme née de votre amour, de votre désir. Il était tout petit, tout beau, tout brun, en avance de plusieurs semaines, mais suffisamment vigoureux pour éviter la couveuse.
Il était deux heures dix ce matin là, et plus rien ne serait comme avant.
On a passé le reste de la nuit à se regarder tous les trois, lui ne nous quittait pas des yeux, et nous de même.
Depuis, le temps a passé... Longtemps même 
A présent, il est là, unique, tel qu'il était écrit qu'il serait en cette nuit là.
Ce qui le caractérise le plus, je dirais "son coeur immense", sa générosité, son empathie naturelle et le sourire qui va avec tout ça.
Il a des défauts, bien sur, comme tout le monde
Il nous en a fait baver parfois avec ses maladies à répétition, sa jalousie de sa soeur, ses emportements -qu'il tient de moi on dirait- mais c'est aussi et surtout quelqu'un d'hyper-sensible, émotif, d'une gentillesse à toute épreuve. Je crois que ce sera quelqu'un de bien lorsqu'il sera adulte.
Il est sociable, gourmand. Il aime le théâtre, le ping-pong, le ski. Il a des complexes, mais il essaie de les vaincre. Il nous fait parfois sa crise de pré-ado, à d'autres moments, il peut être aussi petit que son frère ou sérieux comme un adulte. Il aime aider, faire plaisir.
Lorsqu'il a envie de faire une activité, ou quelque chose, il ne se préoccupe pas de savoir si ses copains vont faire pareil, pour ça il est indépendant.
En classe, ce qui lui manque le plus c'est de la confiance en lui. Pas facile de la lui inculquer 
Par des mots pour l'écrire, Mercredi 30 Janvier 2008 à 21:09 GMT+2 dans Des mots de la tribu (article, RSS)






