Une histoire de doudou...
Ecrite il y a (déjà) six ans.
Une histoire de doudou…
Il
était une fois un petit garçon de presque trois ans qui
s’appelait Fabien. Il avait un grand frère, et une moyenne
sœur. La maman de Fabien allait faire les courses pour toute la
famille tous les samedis matins. Ce samedi là ne fit pas
exception, mais il se produisit quelque chose d’extraordinaire.
Alors qu’elle passait dans le rayon des articles pour
bébés, soudain elle entendit une toute petite voix qui
disait :
« eh pssssssitttt, madame, madame ! »
Tout d’abord, elle ne comprit pas que la petite voix s’adressait à elle, mais elle regarda à droite et à gauche et aucune des autres personnes présentes dans le rayon ne semblait entendre la petite voix, elle en déduisit donc que c’était bien à elle que la petite voix s’adressait.
Elle
ne savait pas exactement d’où venait la petite voix, mais
celle-ci se faisait de plus en plus pressante :
« pssssssssitttttt, m’dame, m’dame » et
devenait de plus en plus aigüe. Tout-à-coup, elle vit un
hippopotame tout mignon, un petit hippopotame en velours rasé
mauve pâle. Il était brodé de fils couleur pêche
bien mûre, et avait trois antennes sur la tête de la même
teinte.
L’hippopotame, voyant qu’il était repéré, continua à lui parler de sa toute petite voix douce :
« dis, m’dame, à la maison, il y a bien un petit Fabien qui t’attend ? »
« oui, répondit-elle, mais comment sais-tu ça, toi ? »
« je le sais, c’est tout »
« et que veux-tu à mon petit Fabien ? »
« je veux que tu m’achètes, ainsi je le verrai et je deviendrai son doudou »
« mais Fabien a déjà un lapin bleu, et même trois lapins bleus : un dans son lit, un dans la voiture, et le troisième qui a les oreilles blanches chez Tata Christiane ! »
« ça ne fait rien, je veux devenir son doudou quand même. Les lapins bleus commencent à fatiguer, quand tu les mets dans la machine à laver, ils en ressortent plus usés à chaque fois, et de moins en moins doux ; leurs oreilles sont toutes ajourées à force d’être mâchouillées, bientôt, les lapins bleus ne seront même plus bleus, mais grisâtres. »
« oui, tu as peut-être raison, mais Fabien aime les lapins, je ne suis pas sûre qu’il aime les hippopotames »
« regarde-moi, est-ce que tu peux penser une seule seconde que ton petit trésor ne m’aimera pas ? Il ne peut que m’aimer, j’ai été fabriqué exprès pour lui. Je rêve de lui depuis que j’existe, je sais quel petit garçon merveilleux il est, je ne veux pas être à un autre enfant, il faut absolument que j’aille dans ta maison ! »
« je ne sais pas, je vais réfléchir, faire mes courses, et je repasserai peut-être te prendre »
Mais avant qu’elle n’ait eu le temps de finir sa phrase, l’hippopotame s’était élancé du présentoir et avait sauté dans le caddie. Que faire devant tant d’obstination ? Et c’est ainsi qu’elle le ramena à la maison, où tout de suite Fabien l’adopta. Il ne se sépara pas de ses lapins bleus, mais fit une place dans son cœur à son nouvel ami.
Par des mots pour l'écrire, Jeudi 17 Janvier 2008 à 21:12 GMT+2 dans Des mots pour lire (article, RSS)






